Jeudi 1 octobre 2009
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Le Parti Démocratique Sénégalais, Pds, au pouvoir depuis 2000 traverse un crise de mâturité qui affecte et son bon fonctionnement
et l'encrage des responsables susceptibles d'assurer la relève. Ce passage à vide a fini par retenir l'attention de son principal bailleur, le Président WADE. Malmené sérieusement lors des
denrnières élections locales de mars 2009, au cours desquelles la presque totalité des grandes communes et régions sont tombées dans l'escarcelle de l'opposition, Abdoulaye WADE, en vue de
l'échéance de 2012, préconise un savant relooking de sa formation politique qui n'a plus d'âme.
Les instances dirigeantes du Parti ne se réunissent qu'épisodiquement. Au cours de la décennie, hormis les grands préparatifs à coup de milliards de francs, des élections locales ou
présidentielles, le Pds du Président WADE n'a convoqué ni congrés, ni conseil national. Les réunions du Comité Directeur, en principe hebdomadaires, se tiennent en fonction du calendrier trés
chargé du Secrétaire Général, Me WADE, ou au gré d'évènements importants.
Au niveau de la base, la démobilisation est totale. Les sections communales, les fédérations départementales sont en léthargie si elles ne sont pas minées par des querelles de positionnement. Il
s'ajoute à cette situation préoccupante pour une formation politique qui ambitionne de rester au pouvoir pendant cinquante ans -nous sommes en Afrique- les exclusions ,les démissions et les
frustrations de hauts responsables qui quittent la barque avec des pans entiers de militants et de sympathisans.
Les conséquences de ces crises ont été visibles lors des dernières consultations locales. L'onde de choc de ce coup de semonces, apparemment, a été bien ressentie par le direction du Parti,
principalement le Président WADE, qui agite l'idée d'une rénovation-recomposition du Pds qui doit déboucher sur la création d'un grand nouveau
Pds.
Dans l'entourage du Président de la République, on évoque la possibilité de retrouvailles de la grande famille libérale éclatée. Parmi les ex-compagnons les plus ciblés, on cite Idrissa
SECK qui, depuis 2004, anime une formation politique, le REWMI qui s'est classé 2ème aprés le Pds avec 15% des suffrages exprimés lors de l'élection présidentielle de 2007. Mais aussi
Macky SALL, ancien Président de l'Assemblée nationale qui avait été contraint à la démission pour avoir eu à convoquer devant le parlement, Karim WADE, Président de l'Agence Nationale Pour
l'Organisation de Conférence Islamique ( l'ANOCI) et fils du Président de la République. Macky SALL est à la tête d'un jeune Parti, l'APR, qui fait son petit bonhomme de chemin partout à travers le
pays.
Autres sensibilités politiques visées: quelques Partis alliés qui cheminent avec le Pds dans l'exercice du pouvoir et bien sûr, la Génération du Concret, u mouvement animé par Karim WADE, à qui les
médias sénégalais et une bonne frange de l'opposition prêtent des intentions de vouloir succéder à son père à la tête de l'Etat. Avec la bénédiction de ce dernier.
Ce dessein du Président WADE qui consiste à rénover ou à recomposer un parti qui perd du terrain dont l'objectif est de réconcilier d'anciens compagnons des années de braises,
aujourd'hui dissidents ou relégués au second plan, ceux qui ont transhumé, attirés par les prairies bleues (le bleu est la couleur du Pds) et les partis alliés dont certains siègent au
gouvernement, ce pari présidentiel, disons-nous, a très peu de chance de se réaliser.
Si l'entreprise n'achoppe pas sur la question du leadership (celui qui devra succéder à Me WADE, le moment venu ) question par laquelle, en réalité tous les maux qui gangrènent le Pds ont survenu,
on peut s'attendre à de profondes divergences en ce qui concerne la structuration, le mode de gestion et le fonctionnement du futur nouveau pds.
Sans doute Abdoulaye WADE ne devra plus être la seule constance qui a droit de promouvoir, de destituer ou d'exclure sans raisons objectives. Un Parti politique organisé, bien structuré,
ne peut en aucun cas se fonder sur la seule et unique décision du chef. Dans la mesure où la seule constance dans une association d'hommes et de femmes, se sont les statuts et le
règlement qui les régissent.
Abdoulaye WADE, leader charismatique, acceptera-t-il de partager ses prérogatives de chef de Parti incontestable? Idrissa SECK, lycaon aux dents longues, serait-il disposé à renforcer un Pds
affaibli, sans être sûr et certain d'être le principal et futur bénéficiaire d'un opération politique à plusieurs inconnues ? Macky SALL, quant à lui, il écarte toute démarche de trouvailles avec
le Pds et Me WADE.
Quid des Partis alliés? Avant de s'embarquer dans une quelconque aventure, sans doute qu'ils analyseront froidement la situation politique qui prévaut et en tireront les conclusions qui
s'imposeront à eux.
Yakhya KANE
Par Yahyabramik
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